Paul Signac (1863-1935)
Vue de la Seine, Samois
1900
Aquarelle et mine de plomb
170 x 250 mm
Signé à la mine de plomb en bas à gauche « P. Signac / Samois 1900 »


Paul Signac naît à Paris en 1863. À dix-sept ans, inspiré par les quatrième et cinquième expositions impressionnistes, il commence à peindre dans un atelier à Montmartre, où il fait la connaissance de plusieurs écrivains symbolistes et où il devient l’ami de Claude Monet au contact duquel il se forme. Aux côtés de Georges Seurat et Camille Pissarro, Signac devient l’un des « impressionnistes scientifiques » qui développent la technique empirique du pointillisme. Il peint son premier tableau divisionniste en 1883 et, au cours des années 1890, il devient le chef de file du néo-impressionnisme. Au tournant du siècle, il joue un rôle décisif dans l’avènement du Fauvisme en inspirant Henri Matisse et André Derain qu’il rencontre sur la Côte d’Azur. Célébré en France et en Europe, Signac s’impose comme une des figures de proue de la peinture moderne au tournant du XIXe siècle.

L’œuvre sur papier de Signac est considérable et représente une partie importante de sa production. Après 1910, l’aquarelle prend même le pas sur l’huile dans son œuvre. Ses aquarelles représentent essentiellement des scènes d’extérieur, maritimes ou fluviales. Sa palette est composée des couleurs dont l’application suit un ordre précis : d’abord les jaunes, puis les rouges, le violet de cobalt, les bleus et enfin les verts. Il avait aussi l’habitude d’ajouter à ses teintes du blanc de Chine. Malgré l’apparente spontanéité de sa technique, Signac souvent crayonnait la composition avant d’appliquer la couleur.

Entre 1899 et 1900, Signac réalise près de deux cents aquarelles représentant Samois-sur-Seine, une petite ville de bords de Seine proche de la forêt de Fontainebleau, dont les rives boisées et l’activité des bateaux le long d’un canal lui offrent de nombreux sujets d’inspiration. Maurice Denis, en voyant plusieurs aquarelles de Samois dans la première exposition des œuvres de Signac à la galerie Siegfried Bing en juin 1902, en apprécie la beauté et les qualifie de « primesautières à peine écrites, et comme jetées à l’improviste ». Cependant, dans notre aquarelle, la composition, en apparence improvisée, a été savamment planifiée par l’artiste au crayon, avant l’application de la couleur à l’aquarelle.
CS.