Virginie Demont-Breton (1859-1935)
Jeune femme cousant
1875
Fusain sur papier
545 x 490 mm
Signé, daté et localisé en bas à droite : « Virginie Breton / Courrières 1875 »

Fille du peintre Jules Breton, Virginie Breton grandit dans un milieu artistique fécond dans le Nord de la France où son talent précoce est vite remarqué. La jeune artiste commence à dessiner dès qu’elle est en âge de tenir un crayon et reçoit les leçons de son père qui l’incite à dessiner d’après nature. Elle trace d’abord des paysages et des natures mortes. Dans la seconde partie des années 1870, Virginie Breton s’attaque à la représentation de figures, elle se plait à représenter les paysans dans leurs occupations quotidiennes, tout en leur insufflant un sentiment noble et poétique, perceptible dans notre dessin. À la suite de son père, elle adopte les préceptes de l’art naturaliste et peint ses premières toiles. Elle expose au Salon dès 1880, obtenant une mention honorable. La même année, elle se marie avec Adrien Demont, et devient Virginie Demont-Breton.

Désormais indépendante de son père, la jeune fille peut explorer son originalité. Les thèmes de l’enfance, de la maternité et surtout de la féminité occupent une place prépondérante dans son œuvre. L’artiste connaît vite le succès et obtient une médaille de troisième classe au Salon de 1881 puis de seconde classe l’année suivante. Par la suite, elle remporte une médaille d’or à l’Exposition universelle d’Amsterdam, ainsi que deux autres médailles d’or aux Expositions universelles de Paris en 1899 et 1900, et enfin la Légion d’honneur en 1914.

« Quand on dit d’une œuvre d’art : “C’est de la peinture ou de la sculpture de femme”, on entend par là “C’est de la peinture faible ou de la sculpture mièvre”, et quand on a à juger une œuvre sérieuse due au cerveau et à la main d’une femme, on dit : “C’est peint ou sculpté comme par un homme”. Cette comparaison de deux expressions convenues suffit à prouver sans qu’il soit nécessaire de la commenter, qu’il y a un parti pris d’avance contre l’art de la femme ». Forte de sa renommée, Virginie Demont-Breton joua un rôle capital dans la reconnaissance des femmes artistes de son époque. Elle adhéra à l’Union des femmes peintres et sculpteurs en 1883, dont elle fut la présidente entre 1895 et 1901. Avec l’aide de la sculptrice Hélène Bertaux, alias Madame Léon Bertaux, elle ouvrit l’École des beaux-arts aux femmes et offrit la possibilité à ces dernières de concourir au Prix de Rome.

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