Alphonse Legros (1837-1911)
Tête d’homme de profil
1889
Pointe d’argent sur papier préparé
305 x 220 mm
Signé et daté en bas à gauche : « A. Legros / 1889 »


Alphonse Legros nait à Dijon en 1837. Il s’installe à Paris avec sa famille au début des années 1850 où il entame sa formation d’artiste auprès de Jean-Baptiste Beuchot puis suit les cours du soir de l’École des beaux-arts. Il débute au Salon en 1859 avec l’Angélus mais expose également au Salon des refusés à partir des années 1860. Ses premières œuvres, marquées par le courant réaliste initié par Gustave Courbet, mettent en scène la spiritualité et le recueillement de la vie religieuse dans les campagnes.

En 1863, sur invitation de James Whistler dont il est l’intime, Legros voyage à Londres où il se marie et s’installe définitivement un an plus tard. À Londres, il enseigne à la Slade School of Art de 1876 à 1893 et se fond dans la vie artistique locale. Il est immédiatement accueilli par le groupe des préraphaélites avec qui il partage le goût pour l’étude des maîtres anciens et l’intérêt pour le dessin. S’inspirant principalement des œuvres de Léonard de Vinci, Lorenzo di Credi et des élèves d’Andrea del Verrochio, il dessine d’après le modèle vivant des portraits empruntant la technique, les poses, les expressions et la douceur des maîtres de la Renaissance. À partir des années 1880, il s’essaie, comme quelques artistes préraphaélites avant lui, au dessin à la pointe d’argent. Il contribue à réhabiliter cette technique oubliée depuis le XVIe siècle et la transmet à toute une génération de jeunes dessinateurs à travers son enseignement à la Slade School. Comme dans notre dessin, l’artiste utilise un papier préparé, ici blanc mais parfois bleu ou rose, puis l’incise à l’aide d’une pointe de métal argentée ou dorée, rendant toute correction impossible. Ce médium très exigeant correspond parfaitement à la technique maitrisée de Legros utilisant un système de hachures parallèles pour définir les volumes et renforcer le trait. Il dessine à la pointe de métal pour copier des antiques ou des dessins de maîtres au British Museum, pour préparer certains de ses tableaux, mais surtout dans de nombreux portraits. Legros se plait à transcrire les traits de modèles contemporains dans des attitudes issues des portraits du XVIe siècle italien ou allemand. La pose de profil, les traits idéalisés et l’attitude recluse, presque religieuse de notre modèle, sont autant de références aux dessinateurs anciens admirés par Legros.
AD.