Ambroise Duchemin
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Vendu

André Devambez

1867–1944

Sur l’herbe

1920
Aquarelle et gouache
428 x 318 mm
Inscription au verso : 14 avril 1920/connu/(original)/Lanez Mautars/André Devambez cadeau de mariage ami de T.Mautars

Provenance :
Collection T.Mautars

Dès son plus jeune âge, André Devambez dessine des batailles historiques, écrit et illustre ses propres contes, bandes-dessinées et pièces de théâtre. En 1883, il entre dans l’atelier de Gabriel Gay, puis à l’Académie Jullian en 1885, où il reçoit l’enseignement de Benjamin Constant et de Jules Lefèvre. Il assiste également son père dans son activité de graveur et d’imprimeur, Passage des Panoramas à Paris. Après l’obtention du prix de Rome en 1890, il séjourne trois ans à la Villa Médicis entre 1893 et 1896. Au tournant du siècle, l’artiste est connu et apprécié des critiques et du public. Il ne s’assimile à aucun courant artistique contemporain et plait par l’originalité de son style, ainsi que par la fantaisie et l’humour de ses thèmes. André Devambez collabore à plusieurs journaux et illustre des centaines de menus, en-têtes de lettres, invitations et programmes, ainsi que quelques œuvres de publicités narratives pour des assurances et produits alimentaires. Il est aussi sollicité pour l’illustration de contes et de légendes, de nouvelles et de romans et pour des évènements de l’actualité.

Selon l’auteur du catalogue de l’exposition de Beauvais[1] Devambez aurait illustré un menu pour les Côtes du Rhône chez Maxim’s, intitulé Sur l’Herbe. Notre aquarelle constitue probablement un projet original pour cette publicité.

Notre œuvre semble tirée d’une scène de genre à la manière de Watteau. Le titre renvoie à un poème éponyme de Verlaine, publié pour la première fois dans la revue l’Artiste le 1er janvier 1868, avec cinq autres poèmes des futures Fêtes Galantes. Sur l’herbe évoque une scène typique de la mondanité galante du XVIIIe siècle, plus précisément une partie de campagne dans un décor champêtre au milieu duquel les personnages pique-niquent, devisent, chantent et dansent. Le texte est un dialogue léger lors d’une fête costumée et musicale, qui met en évidence la vie de débauche et de libertinage des protagonistes :

– L’abbé divague. – Et toi, marquis,
Tu mets de travers ta perruque.

– Ce vieux vin de Chypre est exquis
Moins, Camargo, que votre nuque.

– Ma flamme … – Do, mi, sol, la, si.
L’abbé, ta noirceur se dévoile !

– Que je meure, mesdames, si
Je ne vous décroche une étoile !

– Je voudrais être petit chien !

– Embrassons nos bergères, l’une
Après l’autre. – Messieurs, eh bien ?

– Do, mi, sol. – Hé ! bonsoir la Lune !

Après la mévente de la Fête à Coqueville illustrant un roman d’Émile Zola (1898), Devambez revient ici à un style moins controversé : il tempère sa verve humoristique et son style parfois caricatural. On retrouve l’esprit de notre aquarelle dans les illustrations des contes de Caylus (Tourlou et Rirette et Rosanie)

[1] M. Ménégoz, André Devambez : présentation d’une donation, catalogue d’exposition du musée Départemental de l’Oise, Beauvais. P.82, n°138.

AdC.

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