Charles Guilloux (1866-1946)
Sentier en automne, 1893
Crayon, aquarelle et pastel sur papier, 137 x 122 mm
Signé et daté en bas à gauche : « C. Guilloux 93 »

Charles Guilloux travaille quelques années à la Bibliothèque nationale avant d’exposer ses premières œuvres au Salon des Indépendants en 1892. Le succès est immédiat et les huit tableaux présentés sont tous vendus. Dans un contexte de symbolisme naissant, la critique encense ses paysages visionnaires. Claude Roger-Marx loue ainsi un « artiste plus soucieux de poésie que d’exacte réalité ». En effet, Guilloux cherche à transcrire ce qu’il ressent face à la nature plutôt que l’exactitude de ce qu’il voit.

Artiste autodidacte, il dessine et prend de nombreuses notes sur le motif mais préfère peindre dans l’atelier d’après ses souvenirs. Il en résulte des œuvres aux couleurs sombres et opaques, des formes cloisonnées épurées et des ambiances oniriques.

Paris, ses environs et les bords de Seine sont parmi les sujets les plus représentés. On relève une prédilection pour les lumières de fin de journée et les atmosphères brumeuses.

Par ailleurs, pour son synthétisme, les contours marqués qu’il donne à ses formes et son goût pour le japonisme, Guilloux peut être rapproché des artistes nabis avec qui il expose régulièrement à partir de 1893.

Ses œuvres sur papier sont souvent plus descriptives que ses huiles à l’image de notre dessin qui semble capturer une figure quittant la ligne d’horizon du spectateur sur un sentier de campagne en automne. Les couleurs mauves et la lumière crépusculaire insufflent du mystère et une certaine mélancolie à la scène ; la présence d’une figure solitaire lui donne un côté plus intimiste. Techniquement, l’artiste joue avec différents médiums : crayon, pastel et aquarelle. Le crayon esquisse les formes, l’aquarelle trace les ombres et le pastel vient rehausser l’ensemble en hachures colorées. Ce mélange atypique montre bien l’originalité de cet autodidacte.

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