Jean Lasne (1911-1940)
Portrait d’un enfant de Vitry
1934
Plume et encre brune sur papier

262 x 170 mm

Signé et daté en bas à droite : « J Lasne – 34 »

Provenance : 

Collection Colette Lasne

Expositions :
Forces nouvelles 1935-1939, Paris, Musée d’Art Moderne, février-mars 1980, Strasbourg, Musée d’Art Moderne, 
avril-juin 1980, Orléans, musée des Beaux-Arts, septembre-novembre 1980.

Jean Lasne, l’œuvre sur papier, Tourcoing, musée des Beaux-Arts, avril-juin 1991, Montauban, musée Ingres, juin-septembre 1991, Besançon, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, Orléans, musée des Beaux-Arts, avril-juin 1992.

Bibliographie :
Colette Lasne et Jean Genet, Les enfants de Vitry, 1987.
François Henri et Colette Lasne, Catalogue raisonné de l’œuvre de Jean Lasne, Toulouse, Le Léopard d’or, 1988, 
p. 165, n°400.

Né à Bolbec dans une famille bourgeoise, Jean Lasne est initié au dessin par l’un de ses frères ainés, lui-même professeur de dessin. Le jeune artiste expose pour la première fois dans une librairie rouennaise en 1928, à seulement dix-sept ans. En 1930, il gagne Paris pour préparer le concours de professorat de dessin ainsi que celui des Galeries des Beaux-Arts. Il rencontre alors l’artiste Colette Beleys, qui devient sa femme quelques années plus tard. Après avoir échoué au concours des Galeries, Jean Lasne s’inscrit à l’École des beaux-arts où il suit les cours de Lucien Simon. Dans l’atelier du maître, il rencontre Robert Humblot, Henri Jannot et Georges Rohner. Le groupe d’amis décide de quitter, ensemble, l’institution et de suivre leur propre voie. Marqués par l’exposition Les peintres de la réalité révélant au public les œuvres des Frères Le Nain et de Georges de la Tour au musée de l’Orangerie en 1934, les jeunes artistes prônent un retour à la figuration, au réel et se passionnent pour les maîtres anciens, tout en rejetant l’abstraction et les dernières innovations artistiques. Ils exposent ensemble en 1935 à la galerie Billiet-Worms sous le nom de « Forces Nouvelles ». Face à l’agitation de la société des années 1930, le groupe cherche à véhiculer un nouvel humanisme passant par un retour à la tradition perdue. Jean Lasne prend ensuite part à la seconde exposition du groupe en 1936, mais à partir de 1937, marqué par le Guernica de Picasso, il se rapproche du cubisme et tend progressivement vers l’abstraction. Mobilisé, il meurt au front en 1940 à Sedan à seulement vingt-neuf ans.

Notre dessin date des premières années parisiennes de l’artiste. Après avoir été, pendant deux années, surveillant au collège Jean-Baptiste Say à Paris, il devient pion à l’école départementale de Vitry, établissement réservé à des jeunes garçons dits en difficulté âgés de huit à quatorze ans. Malgré un environnement rude, Jean Lasne est attiré par les visages et expressions très marqués de ces jeunes enfants délaissés par leurs familles ainsi que par leurs uniformes et leurs cheveux rasés. Il se rapproche alors des élèves et dessine les portraits de plusieurs d’entre eux. Il les représente au crayon ou à la plume, les yeux souvent vides ou perdus, dans des attitudes espiègles, inquisitrices ou mélancoliques.
AD.