Albert Besnard (1849-1934)
Portrait d’Henry Lerolle
1899
Fusain sur papier
270 x 230 mm
Signé et daté en haut à droite : « A Besnard. / 1899. »
Provenance :
Collection Gaston Migeon (1861-1930), conservateur au musée du Louvre

Très tôt attiré par le dessin et la peinture, Albert Besnard entre à l’École des beaux-arts en 1866 où il est élève d’Alexandre Cabanel. Il expose au Salon dès 1868 et remporte le Grand Prix de Rome en 1874 avec La mort de Timophane. Après quatre années passées en Italie, il entame à Paris une carrière officielle couronnée de tous les succès : Grand Croix de la Légion d’honneur, directeur successif de la Villa Médicis (1913-1921) et de l’École des beaux-arts, Besnard est le premier peintre accueilli par l’Académie française en 1924. Cette notoriété lui vaut la commande de nombreux décors pour des édifices publics majeurs. Il peint ainsi des plafonds et décors muraux pour l’hôtel de ville de Paris, le Petit-Palais, la Sorbonne et la Comédie Française. Ses compositions aux couleurs claires et à la touche lâchée empruntent techniquement à l’impressionnisme et leur inspiration au symbolisme, tout en respectant les codes de l’académisme. Outre ces projets décoratifs, Besnard est également un portraitiste brillant. Sa production se divise entre portraits mondains et œuvres plus intimistes représentant sa famille ou les artistes qu’il fréquente, dont Henri Lerolle, le modèle de notre dessin. Besnard et Lerolle se rencontrent au musée du Louvre au cours de leurs études et nourrissent une solide amitié tout au long de leur vie. Le cadrage serré de notre feuille, ainsi que la pose non conventionnelle du modèle traduisent une proximité évidente avec le dessinateur qui capture l’instant dans un coin d’atelier. Témoignage de cette camaraderie, notre dessin nous invite dans l’intimité de deux gloires de la IIIe République.
Héritier d’une famille de bronziers d’art, Lerolle entre à l’âge de seize ans dans l’atelier de Louis Lamothe où il côtoie Henri Regnault et Edgar Degas. Lerolle fréquente le Louvre avec assiduité, et y fait de nombreuses rencontres, dont Besnard. Il expose pour la première fois au Salon en 1868. Il exécute des décorations d’édifices civils, notamment pour l’Hôtel de ville de Paris et la Sorbonne. Ses œuvres religieuses et rustiques lui procurent un franc succès : tout en restant accessible au public des Salons, il partage des préoccupations analogues à celles des impressionnistes, en privilégiant dans ses toiles le choix d’un cadre contemporain, ainsi qu’un goût pour les tonalités claires, le quotidien et le plein-air. Il rejoint également Pierre Puvis de Chavannes dans sa recherche d’harmonie et de grâce, et dans son souci de la composition et de la perspective. Malgré son statut de peintre de Salon officiel, il s’intéresse aux milieux d’avant-garde des peintres exposants aux Indépendants. Il s’entoure d’artistes dont il collectionne les œuvres, et reçoit chez lui Edgar Degas, Auguste Renoir, José Maria Sert, mais aussi des écrivains comme Stéphane Mallarmé, Paul Claudel, André Gide, Paul Valéry, ainsi que de nombreux musiciens.

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