Pascal-Adolphe-Jean Dagnan-Bouveret (1852-1929)
Portrait de Jeanne Dortzal de profil
Vers 1900 – 1905
Fusain sur toile
410 x 310 mm
Signé en bas à droite : « PAJ Dagnan-B »

Élève d’Alexandre Cabanel et de Jean-Léon Gérôme, Pascal-Adolphe-Jean Dagnan-Bouveret fait son entrée au Salon en 1875. Il consacre ses débuts à des scènes de genre d’un réalisme descriptif qui lui valent un premier grand succès : Une noce chez le photographe (1879). Sous l’influence de Jules 
Bastien-Lepage, il s’oriente vers le mouvement naturaliste, dont il devient l’un des chefs de file. Il quitte Paris pour s’établir en Franche-Comté où il peint des sujets tirés de la vie quotidienne rurale. Le succès remporté par Chevaux à l’abreuvoir au Salon de 1885, et la mort prématurée de Bastien-Lepage, 
le désigne comme son principal successeur. Le naturalisme de Dagnan-Bouveret s’appuie sur la photographie pour mieux fixer sur la toile des scènes de la vie paysanne. Il organise, dans son atelier, 
un espace où ses modèles viennent poser individuellement. Les dessins réalisés d’après le modèle vivant et les études photographiques sont ensuite incorporés dans la composition finale. Ce naturalisme, recomposé par le truchement du dessin et de la photographie, confère à ses tableaux un lyrisme étrange et fascinant. Dans les années 1890, l’art de Dagnan-Bouveret devient de plus en plus spirituel. Il participe au renouvellement de la peinture religieuse par son engagement mystique et son ouverture au symbolisme.

En 1900, Dagnan-Bouveret est élu à l’Académie des beaux-arts, et devient par la même occasion professeur à l’École des beaux-arts. Cette position prestigieuse lui vaut de nombreuses commandes publiques et privées, et l’incite à réaliser de plus en plus de portraits mondains. Le peintre s’intéresse alors au monde de la scène et du théâtre. Il peint notamment des musiciens et un Portrait de Danseuse Espagnole. C’est au cours de cette période que Jeanne Dortzal (ill. 1) fait son apparition dans l’œuvre de l’artiste. D’origine algérienne, cette actrice et poète se produit au Vaudeville ou au théâtre de l’Odéon. Représentée de profil, les traits se détachant d’un fond vaporeux au fusain dans notre dessin sur toile, l’actrice est omniprésente dans l’œuvre de Dagnan-Bouveret du tournant du siècle. On la retrouve notamment dans certaines de ses œuvres symbolistes : Sur les Cimes (1903) ou Chimères.
C.S.
Ill. 1 : Pascal-Adolphe-Jean Dagnan-Bouveret, Portrait de Jeanne Dortzal, étude pour Sur les Cimes, 1903, Fusain sur papier, Localisation actuelle inconnue