Georges Ribemont-Dessaignes (1884-1974)
Paysage de bord de lac
Vers 1905

Huile sur isorel
22,7 x 29,5 cm
Provenance :
Galerie Alphonse Chave-Les Mages, Vence
Exposition :
Georges Ribemont-Dessaignes, Vence, Galerie Alphonse Chave-Les Mages, 1951, N° 4881


Musicien, peintre et poète phare de l’avant-garde dadaïste puis surréaliste, Georges Ribemont-Dessaignes pratique tous ces arts avec la même avidité et le même talent. Toute sa vie, son attachement au principe dada d’ « indifférence » le pousse à une position marginale. Ribemont-Dessaignes respectera à la lettre ce principe fondateur du mouvement dada pour qui seul compte l’instant du geste créateur et pour qui les musées sont des cimetières. Il refuse toujours l’exposition de ses tableaux et dessins et la publication de ses poèmes ailleurs que dans des revues. Cette ligne de conduite vaut à son œuvre de tomber dans l’oubli à sa mort bien que son apport aux théories de l’art des années 1920-30 soit considérable.

Ribemont-Dessaignes commence à étudier la philosophie à l’âge de seize ans. Il fréquente ensuite l’atelier de Jean-Paul Laurens à l’académie Julian et à l’École des beaux-arts de Paris. En 1909, il rencontre Raymond Duchamp-Villon et ses deux frères vs Villon et Marcel Duchamp. Ils se lient d’amitié et fréquentent à Puteaux Jean Metzinger, Albert Gleizes et Fernand Léger. Au cours de cette période, son art est essentiellement influencé par les impressionnistes et les nabis mais il cesse de peindre en 1913, « arrivé à la conclusion qu’il n’y avait aucune raison de peindre de telle ou telle manière plutôt que de telle autre ». Il écrit alors plusieurs poèmes et pièces de théâtre dans lesquelles se profile l’esprit dada. Après la guerre, il recommence à peindre des œuvres « mécanistes » et prend part à la théorisation du mouvement dada au tournant des années 1920. Proche de Tristan Tzara et André Breton, il écrit plusieurs pièces de théâtres dadaïstes et expose dans la plupart des salons parisiens du mouvement. Collaborateur de la revue Littératures, il semble naturellement prendre part à la naissance du surréalisme. Mais son esprit indépendant lui fait prendre ses distances de Breton et l’éloigne progressivement de ce courant. Il adhère alors au groupe du « Grand Jeu » à la fin des années 1920 aux côtés de Joseph Sima, Roger Gilbert-Lecomte ou encore René Daumal. Après la Seconde Guerre mondiale, il s’installe en Provence et dessine dans une veine plus naturaliste des visions d’arbres et de pierres. Il s’inspire des paysages des environs de Saint-Jeannet et dessine à l’encre, dans un graphisme serré, des paysages auxquels il insuffle un certain esprit irréel et figé.

Notre petit tableau appartient aux premières années de la carrière de Ribemont-Dessaignes. Avant de se tourner vers le surréalisme dans les années 1920, il peint au début du XXe siècle des œuvres à la touche divisionniste et aux couleurs douces dans une ambiance mystérieuse, presque symboliste.
AD.