Charles Maurin (1856-1914)
Mère habillant sa fille
Mine de plomb, estompe et crayons de couleur sur papier, 587 x 427 mm
Signé en bas à droite : « Maurin »

Originaire de Haute-Loire, Charles Maurin se forme à partir de 1872 au Puy chez le portraitiste Emile Giraud puis à l’Académie Julian à Paris. Il est l’élève de Rodolphe Julian, Jules Lefebvre et Gustave Boulanger. En 1876, il entre à l’École des beaux-arts et fréquente assidûment le Louvre. Il reçoit une critique favorable pour sa première exposition au Salon des Artistes français grâce à son Portrait du père de l’artiste et un Portrait de Mme X. Il fait la connaissance de Jules Vallès, Armand Collin, Paul Bert, Ernest Meissonier, et débute une correspondance avec Régis Reynaud. Dans les années qui suivent, il expose également au Salon des Champs-Elysées. En 1885, il devient professeur à l’Académie Julian et rencontre Félix Valloton et Henri de Toulouse-Lautrec. Ses œuvres exposées au Salon des Indépendants de 1887 obtiennent un grand succès.

Charles Maurin s’exerce à toutes sortes de techniques : eau-forte, aquarelle, pastel, gravure, sculpture sur bois, faisant preuve d’une grande originalité. Chaque jour, il entreprend une nouvelle tentative. Il est l’auteur de plusieurs inventions ingénieuses, à l’instar d’un vaporisateur permettant de projeter directement les couleurs sur le support. Maurin propose ici une technique encore académique, accordant une certaine importance au traitement du contour et à l’étude de l’anatomie, qu’il agrémente de subtils rehauts de crayon de couleur.

Les thèmes de l’enfance et de la maternité sont récurrents dans l’œuvre de Maurin. S’il en propose une interprétation symboliste avec sa Maternité de 1893, l’artiste réalise à partir de la fin des années 1890, toute une série d’œuvres à tendance réaliste traitant de ce sujet : trois suites gravées, La Petite Classe, L’Éducation Sentimentale et La Nouvelle Éducation Sentimentale, ainsi que de nombreux dessins et pastels indépendants. Tous proposent de touchantes compositions dans lesquelles sont dépeints le quotidien, l’intimité et les liens complices entre une jeune mère et sa fille. Il semble que la compagne de Maurin, Eugénie Debray, et sa fille aient servi de modèles pour l’ensemble de ces œuvres.