Avigdor Arikha (1929-2010)
Le pianiste Eugène Istomin sur scène, le 23 Octobre 1969
Crayon sur papier glacé, 254 x 196 mm
Signé en haut au centre : « Arikha »
Daté en bas au centre : « 23.X.69 »

Né en 1929 en Bucovine (Roumanie), Avigdor Arikha subit dès son plus jeune âge l’oppression soviétique puis la persécution nazie. Déporté, il perd son père en 1942 et doit son salut des camps de la mort à l’attention portée aux dessins qu’il croque sur des papiers de fortune. Après la Guerre, il s’installe en Israël et étudie l’art puis la philosophie. En 1949, il se rend à Paris pour suivre les cours de l’École des beaux-arts avant de voyager en Italie entre 1950 et 1951. Il s’installe définitivement à Paris en 1954 tout en séjournant régulièrement en Israël et aux États-Unis.

Sa carrière artistique débute dans les années 1950 avec l’illustration de plusieurs ouvrages dont Les Âmes Mortes de Gogol et Nouvelles et textes pour rien de Beckett. Il peint, dessine et effectue de nombreuses gravures à l’eau-forte. À la fin des années 1950, Arikha s’essaie à l’art abstrait et traverse la période dite des « Peintures noires » mais arrête de peindre en 1962. Il se tourne de nouveau vers le figuratif et dessine sur le vif des œuvres au tracé rapide et nerveux. Les arts graphiques (eau-forte et dessin) occupent exclusivement la décennie suivante. L’artiste s’impose alors de toujours finir ses œuvres en une seule séance.

Notre feuille, réalisée lors d’un séjour à New-York en 1969, illustre cette pratique. En quelques coups de crayons, Arikha transcrit le moment qu’il vit. Avec aisance, son dessin montre la scène avec une précision journalistique. De son siège, il croque tout ce qui apparaît dans son champ de vision et invite donc le spectateur à partager son regard. Le caractère intime de la scène est renforcé par l’amitié qui liait Arikha au modèle : le pianiste Eugene Istomin. Le musicien new-yorkais est notamment célèbre pour sa carrière en trio avec Isaac Stern et Leonard Rose avec qui il a souvent interprété des œuvres de Beethoven, Brahms et Schubert.

À partir de 1973, Arikha reprend la peinture et travaille exclusivement sur le motif. Il peint et dessine de nombreux portraits de sa femme, d’amis, de lui-même et de plusieurs personnalités (Catherine Deneuve, la reine Elizabeth II ou Pierre Mauroy). Le reste de sa production rassemble natures mortes, intérieurs et nus. En marge de son œuvre, Arikha écrit beaucoup sur l’Histoire de l’Art. Il publie notamment des textes sur Nicolas Poussin et Jean-Auguste-Dominique Ingres. Puis collabore à l’organisation de plusieurs expositions sur ces deux artistes qu’il vénère : Dessins d’Ingres à la Frick Collection à New York et au Museum of Fine Arts de Houston ; Poussin, et encore Ingres au musée du Louvre.

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