Alfred Roll (1841-1919)
La vague
Vers 1880

Huile sur toile
36 x 58 cm
Signé et dédicacé en bas à droite : « À l’ami Hennique / affectueux souvenir / Roll »
Provenance :
Collection Léon Hennique (1850-1935)


Fils d’ébéniste, Alfred Philippe Roll fait d’abord des études de dessin d’ornement, avant d’étudier à l’École des beaux-arts de Paris où il suit l’enseignement d’Henri Joseph Harpignies, Léon Bonnat, Jean-Léon Gérôme et Charles-François Daubigny. Il expose deux toiles pour la première fois au Salon de 1870 : Environs de Baccarat et Le Soir. Il obtient une médaille d’or en 1877 pour La Fête de Silène, puis connaît un succès régulier qui lui vaut de nombreuses commandes officielles. Les distinctions se succèdent sous la Troisième République : il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur en 1883 et président de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1905.

Peintre de scènes de genre, de sujets militaires, de nus et de paysages, Roll essaie de lier l’enseignement académique à la vision impressionniste de son ami Édouard Manet. Il adapte ainsi le nu classique à la scène de plein air traitée en touches larges et rapides. Cette modernité lui vaut d’être présenté par Durand-Ruel à la première exposition impressionniste aux États-Unis en 1886. Son inspiration est en revanche profondément naturaliste. Une large partie de sa production est dédiée aux sujets de la vie sociale inspirés des écrits d’Émile Zola dont on l’a souvent rapproché. Leur travail commun sur les mineurs témoigne d’un intérêt pour des thèmes sociaux similaires et c’est très judicieusement que Louis Vauxcelles qualifie Roll de « Zola du pinceau ». Cet attrait pour le réalisme social dut rapprocher Roll de Léon Hennique, romancier naturaliste et intime de Zola, à qui notre tableau est dédicacé.

Notre bord de mer agité a sûrement été réalisé dans les années 1880-1890 au cours de l’un des nombreux séjours de l’artiste sur les côtes normandes et bretonnes. En véritable peintre de plein-air, Roll s’intéresse aux variations de lumière, aux changements atmosphériques et représente l’inconstance des mouvements marins. Son métier, fait de grands coups de pinceaux et d’empâtements généreux, évoque l’art de Gustave Courbet. En grand admirateur du maître franc-comtois, il s’inspire de sa technique heurtée au couteau à palette pour traiter la texture et l’éclat des vagues (ill. 1).

Vendu

Ill. 1 : Gustave Courbet (1819-1877), La Vague, huile sur toile, 117 x 160,5 cm, Paris, musée d’Orsay.