Alexandre Cabanel (1823-1889)
La Naissance de Vénus
Plume fine, encre noire, aquarelle et gouache blanche sur papier

100 x 190 mm


Peintre académique par excellence, Alexandre Cabanel joue un rôle de premier plan sur la scène officielle de la seconde moitié du XIXe siècle en tant que professeur à l’École des beaux-arts (1864-1889), membre régulier des jurys du Salon et farouche opposant au modernisme naissant de Manet et des impressionnistes. Né à Montpellier en 1823, il entre à l’École des beaux-arts de Paris en 1840, avant de décrocher le Prix de Rome et de partir pour l’Italie cinq ans plus tard. Dès son retour à Paris au début des années 1850, il reçoit une première commande pour le décor de l’hôtel de ville et multiplie les envois au Salon où il obtient une médaille de seconde classe en 1852 et une autre de première classe en 1855. Mais c’est en 1863 qu’il triomphe avec La Naissance de Vénus. Immédiatement achetée par Napoléon III, la toile lui ouvre les portes de l’Institut et lui permet de devenir une figure emblématique de l’art du Second Empire.

La grande célébrité du tableau pousse l’artiste à en produire de nombreuses déclinaisons pour satisfaire la demande des collectionneurs. Plusieurs versions ont ainsi appartenu à des industriels américains et se trouvent aujourd’hui dans des grands musées outre-Atlantique, notamment au Metropolitan Museum de New York et au Museum of American Art de Philadelphie. Ces tableaux postérieurs reprennent tous fidèlement la composition initiale sans variantes, à l’exception du format. Pour le marché, l’artiste privilégie de grandes toiles mais il a recours à de plus petits formats et supports pour des versions plus intimes qu’il offre à ses proches : une Naissance de Vénus sur un petit panneau ayant appartenu à son élève Léon Comerre est ainsi passée sur le marché de l’art parisien en 2003.

Outre ces reprises peintes, l’artiste a aussi souvent dessiné sa fameuse composition. Sa vente après décès mentionne trois dessins et une sanguine. Le musée du Louvre conserve un dessin à la pierre noire et rehauts de gouache blanche, reprenant le tableau en vue d’une gravure exécutée par Léopold Flameng en 1864.

Notre feuille est une version postérieure réalisée d’après le tableau. La technique est typiquement celle des aquarelles de Cabanel : on y retrouve le tracé des contours à la plume fine et à l’encre noire omniprésent dans son œuvre graphique, la pose de l’aquarelle en petites taches ainsi que les rehauts de gouache effilés et ondulants. Les couleurs rappellent les études de paysages à l’aquarelle de l’artiste mais aussi certaines esquisses pour des compositions historiques. Son petit format, son absence de signature et son médium, suggèrent que le dessin était destiné à être offert à un proche ou à être conservé par l’artiste.
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