Léonard Sarluis (1874-1949)
Francesco
1913
Mine de plomb et sanguine sur papier

500 x 610 mm

Titré en haut à gauche : « FRANCESCO »
Monogrammé et daté en bas à droite : « LS / MCMXIII »


Salomon-Léon Sarluis nait à La Haye en 1845. Fils d’antiquaire, il côtoie très jeune les milieux artistiques hollandais et européens. Il étudie à l’École des beaux-arts de La Haye de 1891 à 1893 avant de s’installer à Paris en 1894. Introduit par Armand Point, il s’intègre immédiatement aux milieux symbolistes où l’on admire sa beauté juvénile. Il expose au cinquième Salon de la Rose + Croix de Joséphin Péladan pour lequel il dessine l’affiche, à quatre mains avec Armand Point. Sa peinture singulière rencontre un vif succès auprès de la critique avec Edgar Degas et Pierre Puvis de Chavannes comme premiers défenseurs. Il change alors son prénom en Léonard, en hommage à Léonard de Vinci, s’habille en tenues néo-renaissance et fréquente l’élite artistique et littéraire symboliste, tissant notamment des liens d’amitié avec Oscar Wilde.

Sa technique s’inspire des peintres de la Renaissance flamande et italienne. Des artistes nordiques, il tire le goût du détail exacerbé et de la précision technique, notamment dans la perfection du dessin. Des maîtres italiens, il puise des physionomies androgynes et maniéristes que l’on perçoit notamment dans la forme de la main du modèle de notre dessin. À la fin du XIXe siècle, il se convertit au christianisme, accentuant encore le mysticisme de ses compositions. Il se plaît alors à représenter des sujets religieux mêlant onirisme symboliste et esthétique homo-érotique.

Notre dessin est un parfait exemple du goût de l’artiste pour la suggestivité. Il représente un jeune homme, certainement un proche ou amant de l’artiste, dans une pose lascive au regard évocateur. Comme souvent chez l’artiste, le modèle est vêtu d’une toge romaine et placé dans un décor antique. Le grand format et le degré poussé d’aboutissement en font un portrait intime à part entière.
AD.