Nicolas Untersteller (1900-1967)
Etude de nu
Pierre noire sur papier, 34,5 x 51,5 cm
Signé b.g Untersteller 1939



Nicolas Untersteller est issu d’un foyer modeste de Lorraine. Il travaille aux bureaux des mines de Wendel et dessine parallèlement, avec un intérêt pour la représentation de physionomies rudes et franches. Une bourse lui est attribuée pour étudier à l’Ecole des Arts décoratifs de Strasbourg. En 1923, il entre à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de Jean-Pierre Laurens, représentant tardif du naturalisme. Il rencontre à cette occasion sa future femme Hélène Delaroche, peintre de grands décors, alors que lui-même découvre le sens de la grandeur monumentale.

En 1928, son concert champêtre lui vaut le Prix de Rome. Cette œuvre met en scène des nus idéalisés, et fait écho au déjeuner sur l’herbe de Manet. Lors de son séjour à la Villa Médicis, il se familiarise avec l’art de la Renaissance, notamment Giotto, Fra Angelico et Michel-Ange.

De retour en France, il ouvre un atelier à Metz et organise une exposition « Retour de Rome ». En 1932, il reçoit une bourse qui lui permet de séjourner deux ans en Espagne. Il quitte Metz pour Sèvres en 1936. Sa carrière de peintre académique va se caractériser par des commandes de grands décors pour les églises et les espaces publics. Pour ce faire, il investit différents matériaux industriels : la peinture murale, le vitrail en dalle de verre, la peinture sur aluminium ou encore l’émail sur lave. Dans les années 30, il décore l’abbaye de Clervaux du Luxembourg et l’église de Grusnes, Saint Pierre de Chaillot à Paris et l’église d’Etain. Sa carrière évolue progressivement dans une phase de pleine maturité, où il s’éprend d’art roman et du premier gothique. Il est sans doute inspiré par l’édition de l’Art religieux au XIIIème siècle en France d’Emile Mâle.

Il devient successivement professeur dans un atelier de fresque à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts en 1937, puis chef d’atelier en 1941 et enfin directeur en 1948. Parallèlement, il entre à l’Institut et reçoit de nombreux titres honorifiques, notamment Officier de la Légion d’Honneur et Commandeur des Arts et des Lettres.

Il est marqué par la guerre qui lui inspire une série de dessins traduisant le vacarme des sirènes d’alertes. Dans les années 1950, il travaille à l’église Sainte Thérèse de Metz, à la Chapelle rue d’Assas à Paris. Il décore les Chambres du Commerce et de l’Industrie de Boulogne-sur-Mer et du Havre et certains lycées.

Parmi ses œuvres les plus remarquables, on peut aussi citer les décors pour les paquebots Liberté et France (1948 et 1961), les costumes et décors du ballet Hop Frog pour l’Opéra de Paris (1954), la tapisserie de Flore et Pomone des Gobelins (1951), les décors de l’aéroport du Bourget (1947) et ceux de la gare de Grenoble (1967). A côté des grands décors, il peint également des tableaux de chevalet construits sur des accords de bleu, vert et jaune. Les formes sont condensées et marquées d’un cerne noir. Dans le registre plus intime du nu, il oscille entre idéalisation et un rendu charnel et animal de la femme. Notre grande feuille au dessin rapide montre elle, le modèle dans une attitude lascive, presque érotique et se distingue par sa pose au mouvement comme aérien.

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