Théodore Géricault (1791-1824)
Etude de figure drapée, d’après Raphaël
Etude de figure drapée, d’après Raphaël
Crayon, plument encre brune, lavis brun sur papier, 105 x 50 mm

Provenance:
Collection Pierre-Olivier Dubaut (1886-1968)(L.2103b)





Né à Rouen dans une famille bourgeoise, Théodore Géricault déménage à Paris avec ses parents en 1795. A l’automne 1808, il commence à fréquenter l’atelier du peintre hippique Carle Vernet, avant de s’inscrire en 1811 aux Beaux-Arts où il est élève de Pierre-Narcisse Guérin. La formation artistique de Géricault passe alors par de nombreuses copies d’après l’antique, les maitres anciens ou les grands artistes contemporains. Ce travail de copiste acharné est connu par plusieurs toiles et de nombreux dessins, notamment rassemblés dans le carnet Zoubalof. Le carnet conservé au Louvre et nommé d’après son donateur (Jacques-Michel de Zoubalof) est constitué de dessins exécutés en 1812, quasiment exclusivement copiés de gravures d’après l’antique ou d’œuvres de maitres anciens dans lesquelles dominent Raphael et Poussin. L’artiste en tire à sa guise un personnage isolé, une attitude, un geste, une tête, une main, un pied…



Notre dessin s’inscrit dans cette période et reprend, comme un croquis de la page 28 du carnet, une des figures de droite du Jugement de Salomon de Raphael, peint dans la loggia du Vatican.

Dans notre feuille, comme dans nombre d’études du carnet Zoubalof, il trace d’abord très légèrement le croquis au crayon, puis le repasse à la plume et au lavis en introduisant parfois des modifications. En effet, l’artiste ne se contente pas de recopier les motifs dont il s’inspire mais les interprète. Il change quelques détails, inverse le sens des compositions mais surtout simplifie les formes et va à l’essentiel afin de se constituer un répertoire de figures issues du passé. Ses copies ne sont alors plus de simples plagiats mais de véritables créations originales. Il donne un aspect sculptural aux éléments qu’il reprend dans de minuscules dessins aux traits puissants et volumineux.

Dans le catalogue raisonné de l’œuvre de Géricault, Germain Bazin explique que d’autres carnets du même type que celui du Louvre ont dû exister et être démembrés car de nombreuses feuilles isolées ou découpées de ce genre et d’après les mêmes modèles nous sont parvenues. Notre dessin ayant appartenu à Pierre-Olivier Dubaut, grand amateur de l’artiste, en fait partie.

Vendu

Ill.1: Théodore Géricault. Études d’après l’antique et les maîtres. Crayon, plume et encre brune, lavis brun sur papier, 147 x 190 mm. Carnet Zoubalof, p.28. Paris, musée du Louvre RF 6072, 28.