Alban Taracole (1881-1968)
Autoportrait (?)
Fusain sur papier
470 x 470 mm
Signé et daté en bas à droite: « Taracole / 52 »


Peu d’informations nous sont parvenues sur Alban Taracole, artiste mystérieux du 20e siècle. Il expose au Salon des Artistes Français dans les années 1930 où il obtient une médaille d’argent en 1937. Il peint et dessine des œuvres d’inspiration naturaliste évoquant l’art de Lucien Simon.

Notre dessin représente vraisemblablement un autoportrait. L’image de la mort proposée par Taracole avec ces squelettes évoque le memento mori, un concept resté très populaire depuis la Renaissance et lié à la tradition médiévale de la danse macabre montrant des squelettes animés et dansants. Depuis le 16e siècle, les artistes se sont souvent représentés accompagnés d’un crâne ou d’un squelette, avec un regain de popularité dans la seconde moitié du 19e siècle, notamment chez les artistes germaniques. Notre dessin évoque ainsi l’Autoportrait avec la mort jouant du violon d’Arnold Böcklin (1827-1901) ou certaines œuvres des allemands Hans Thoma (1839-1924) et Lovis Corinth (1858-1925). L’Autoportrait de Taracole s’inscrit dans le prolongement de ce retour au Gothique. L’artiste, alors âgé de soixante-et-onze ans, évoque son regard sur la mort au crépuscule de sa vie. L’âge avancé du modèle est suggéré par la présence de rides sur son cou et son visage, renforçant l’idée d’un autoportrait poignant.
CS.